Avis de l’Association Citoyenne de Saint-Pierre-REUNION sur le projet de 4ème (!) arrêté cétacés à La Réunion.

  • Approche intentionnelle par la baleine. Source : Quiétude 
    https://www.youtube.com/watch?v=rXWj_qTxP4M

Présentation

Une consultation du public sur le projet d’un nouvel arrêté préfectoral (le 4ème !) portant réglementation des activités nautiques à proximité des cétacés dans les eaux territoriales de La Réunion, a lieu du 6 au 27 mai 2025 inclus.
https://www.reunion.gouv.fr/Publications/Participation-du-public/Consultation-du-public/Renforcement-de-la-reglementation-de-l-observation-et-de-l-approche-des-cetaces-a-La-Reunion

La note de présentation est explicite : ce projet d’arrêté a été élaboré lors de réunions de travail excluant l’Association Citoyenne de Saint-Pierre-REUNION, association Réunionnaise environnementale représentante de passionnés de l’océan et favorable à la connexion Humain-Nature. Après la seule réunion sur ce sujet où nous avions été invité par le CEDTM (Quiétude) le 21 janvier 2025, et au cours de laquelle nous avions déploré l’absence de temps pour élaborer un projet consensuel, celui-ci a été élaboré en excluant notre association citoyenne et environnementale, active depuis 25 années. La méthode étatique à La Réunion ne change pas, elle refuse la co-construction, et préfère exclure une association locale indépendante, qui dispose d’une expertise dans le domaine marin, et qui, elle, ne vit pas de subventions ni ne tire profit du business sur la bosse des baleines.

Ont ainsi participé à ce projet :

  • Kelonia, spécialiste des tortues marines plutôt que des cétacés, et qui a déjà fort à faire avec les menaces affectant les chéloniens dans nos eaux, exemple le risque de collision, notamment 2 bateaux avec leur foil tranchant, massacreur de tortues, et connus de tous.
  • Globice, agréée et subventionnée par l’Etat, association basée à Saint-Paul dont on a vu la dérive business avec son projet porté par sa structure commerciale SAS Balèn que la population a rejeté de Cap Dehors à Grands Bois Saint-Pierre …, Globice plutôt un « bureau d’études » financé par nos impôts, centré sur les cétacés « bankable » en faisant abstraction de tout le reste de la biodiversité, y compris le massacre des requins tigre pour ne citer que cela … pour ne pas fâcher son Etat financeur …
  • Des opérateurs économiques.
  • Mais la population locale, les passionnés et connaisseurs de l’océan, avec pourtant des dizaines d’années d’expérience de l’océan, ils sont toujours exclus des ateliers de travail ! Les années passent mais la vilaine méthode du « missouk » (comme pour le projet Balèn) perdurent dans la gouvernance à La Réunion.

Suite à l’arrêté de 2020 que nous avions attaqué en justice au Tribunal administratif, celui actuellement en cours depuis 2021 a bien fonctionné, malgré la propagande médiatique de dénigrement pour amener à cette 4ème mouture ! 

Le but principal de ce nouveau projet est évident, empêcher la connexion Humain-cétacés dans l’océan, occultant l’essentiel de nos propositions au séminaire du 21 janvier 2025.

Lors du séminaire du 21 janvier 2025, frustrant car nous avions compris qu’il n’y avait pas réellement d’objectif de co-construire un projet consensuel, du moins avec les passionnés de l’océan, nous avions lors de ce séminaire, et ensuite par communiqué transmis aux médias (certains censurent …), proposé des pistes suivantes :

1/ Prioriser la sensibilisation et l’éducation

Nous avons demandé le renforcement des moyens de l’équipe Quiétude dans le cadre du travail le plus efficace, celui de la sensibilisation en surveillance sur le plan d’eau. Cette brigade étant jusqu’ici reconnue pour son approche polie et respectueuse des usagers sur l’eau, ce qui est essentiel pour être écouté !

2/ La réglementation et les contrôles.

Elle existe déjà avec l’arrêté de 2021 ! Comme pour toute réglementation, il faut parfois des contrôles, la « peur du gendarme », pour éviter des comportements abusifs.

Il y a déjà pléthore de contrôles (au moins 4/semaine en 2024), aucune espèce animale n’est autant protégée, la débauche de moyens est même indécente par rapport aux autres espèces ! 

3/ Modifier la réglementation ?

L’arrêté de 2021 est efficace, si modifications il devait y avoir, il y a des pistes, mais elles doivent respecter le droit, et ne pas être discriminatoires, et être co-construites. 

– supprimer toute défiscalisation pour tout engin à vocation touristique (aéronef, bateau …) motorisé aux énergies fossiles émetteur de GES 

– ne pas favoriser l’arrivée de toute nouvelle structure commerciale ayant pour objet l’observation des cétacés (65 actuellement)

– limiter le nombre de sorties par bateau et par jour (1 matin, 1 après-midi), ce point est fondamental car l’impact cumulatif est reconnu avec des navires commerciaux qui se relaient du matin jusqu’au soleil couchant

(Pour des bateaux à très grosse capacité type « Grand Bleu », limiter à 4 sorties/jour)

– réduire la durée de mise à l’eau de 45 minutes à 30 minutes

 – réduire la vitesse des bateaux

 – interdire les sorties « couchers de soleil », et surtout « boîtes de nuit sur l’eau » nuisibles à la période de quiétude

 – interdire les dérogations sous-couvert scientifique stressant baleines et baleineaux (prélèvements agressifs au fusil-arbalète sur 160 baleines dont 40 baleineaux (!) entre 2023-2026) … , alors que la récolte de squames de peau serait possible en sciences participatives

– interdire la pratique du jet-ski dans les zones en présence de baleines

Le but principal de ce nouveau projet est évident, au lieu de s’attaquer au point fondamental du cumul de rotations de bateaux, c’est essentiellement empêcher la connexion Humain-cétacés dans l’océan qui en ressort, occultant nos propositions au séminaire du 21 janvier 2025. Les mises à l’eau les plus respectueuses sont drastiquement réduites, mais le reste, jet-skis, gros navires continuent leurs rotations à la chaîne ?

Pour comprendre notre position sur les différents articles de ce projet d’arrêté, il nous semble donc important de porter à la réflexion de toutes et de tous, notre analyse à partir de plus d’une quinzaine d’années d’expérience locale d’observation des cétacés dans l’océan.

Aspect sécurité : 

Depuis le début de la pratique de mise à l’eau à la surface de l’océan, combien d’accidents référencés ? 

Quelle comparaison avec toutes les activités réalisées en milieu naturel à La Réunion, y compris dans des structures professionnelles … ? 

A-t-on interdit ces activités ? 

A-t-on imposé arbitrairement une « saison plongée », une « saison apnée », une « saison escalade », une « saison canyoning » etc ?

A-t-on interdit les aéronefs sur nos têtes ?

Des chiffres comparatifs apporteraient un éclairage utile, n’est-ce pas ?

Aspect environnemental :

Qui peut raisonnablement croire que la présence de petits baigneurs sans bruit à la surface de l’eau serait un frein au passage des baleines ?

On se rappelle qu’il y avait pourtant plein de baleines en 2017-2018, et que 2023 a été une année record de leur présence le long de nos côtes, avec des mises à l’eau.

Lorsque Globice faisait sa propagande «  à force de les voir de trop près vous ne les verrez plus … » ben dis donc … 

Et la route du littoral qui devait faire fuir les baleines, la folie sur les « réseaux » … en abstraction complète de l’intelligence des cétacés … 

Comment expliquer qu’avant 2008, alors qu’il n’y avait que le Grand Bleu et très peu de bateaux, et même pas ou très peu de mises à l’eau, il n’y avait même pas une dizaine de baleines observées ?

L’île Maurice est proche, la mise à l’eau ne se fait pas, et pourtant, très peu de baleines la fréquentent.

Madagascar n’est pas si loin pour une baleine, si le passage  le long de nos côtes était si insupportable, elles ne viendraient pas.

Il faut signaler qu’il existe déjà une zone de réserve marine dans laquelle les cétacés peuvent éviter toute interaction lorsqu’ils le souhaitent.

Comment expliquer, et cela a été observé à plusieurs reprises et plusieurs années, l’approche intentionnelle de baleines vers les bateaux ? Les images et vidéos spectaculaires ne manquent pas, y compris à côté de gros bateaux comme ceux du Grand Bleu !

Comment expliquer le comportement des dauphins qui ont l’habitude de venir jouer à l’étrave des navires ?

Faut-il le rappeler, l’observation aquatique des cétacés s’effectue juste à la surface, en palmes-masque-tuba ! Soyons sérieux, est-ce cela « l’impact »  sur les cétacés ?

Qui sont les plus légitimes pour exprimer un avis éclairé ?

  • les personnes qui, arrivées sur cette île, et parfois même depuis peu, osent avec arrogance nous donner des leçons, prétendent tout connaître avec une vision superficielle des cétacés, en ne mettant même pas la tête dans l’eau … ?
  • ou les passionnés locaux de l’océan, qui eux, ont accumulé l’expérience de plus d’une dizaine d’années d’observations aquatiques, dans un respect mutuel Humain-animal et disposent logiquement de la meilleure connaissent du véritable comportement animal ? 

Un peu de sérieux, « l’impact »  des observations aquatiques des cétacés est nul sur les animaux qui passent. Dans le cas des maman-baleineau, les manipulateurs osent même faire croire, par propagande médiatique massive envers le grand public non connaisseur du milieu océanique, qu’un observateur patient sans bruit à la surface de l’océan, qui ne fait que regarder vers le bas, sans apnée ni plongée, cela perturberait un baleineau qui se nourrit en profondeur avec sa mère ! Quelle malhonnêteté !

Et à la fin de sa période d’apnée, le baleineau remonte tranquillement en surface respirer et jouer à faire ses vrilles, ce qui est le plus beau des spectacles partagés, largement documentés et incontestables. 
« Qui veut noyer son chien l’accuse de la rage », le dicton s’impose ici !

Comment expliquer le comportement de cétacés comme les Tursiops truncatus (grand dauphin) qui viennent voir les nageurs à la surface de l’eau ? Connaissez-vous les « dauphins ambassadeurs » extraordinaires dans leur envie d’interaction?

Chaque animal est évidemment différent, comme chaque humain.

Ce projet d’arrêté INFANTILISE à la fois l’Humain et l’animal !

Ce projet propage encore une vision anthropomorphique de l’animal, plutôt arriérée, décidant, à la place du cétacé, ce qui serait bon pour lui, en lui déniant toute capacité de raisonnement !

Les cétacés baleines, dauphins, sont pourtant des animaux très intelligents et il n’y a dans ce projet, sous prétexte de les protéger, aucune prise en compte de leur droit à l’empathie vis-à-vis de l’Humain !

Comme on le faisait autrefois pour les enfants, les femmes (1946 droit de vote), on décide à la place des cétacés, ce qui serait bon pour eux !

Il n’est pas acceptable à notre avis, de leur dénier toute intelligence, et de les isoler de toute interaction vis-à-vis de l’Humain. 

Nous ne sommes pas seuls, des scientifiques de renom comme le docteur en océanographie et plongeur professionnel Jean-François Sarano, auteur du livre « Réconcilier les hommes avec la vie sauvage », préconisent la connexion Humain-animaux, en présence d’animaux libres dans le milieu naturel (et non prisonniers de zoo ou d’aquariums), ce qui est la meilleure voie de compréhension mutuelle. De plus, l’observation en milieu naturel apporte la connaissance du comportement animal.

Nous rappelons que la zone de RNMR est parfaite pour les accueillir lorsqu’ils ne désirent pas d’interactions.

Aspect liberticide :

Il est inconcevable, irréaliste, et inacceptable de régenter en limitant à ce point l’accès direct à l’océan autour de notre île à la population locale !

Son accès serait même limité par une « saison » artificielle décrétée par l’Etat, et même limité selon un « état de la mer » … du jamais vu, vraiment du n’importe quoi !

Analyse des articles à la lumière de notre présentation, et notre AVIS.

ARTICLE 1. Objet

Comme explicité précédemment, cette notion de « saison » artificielle ridicule est inacceptable.

Un des arguments serait « pour la visibilité de la profession » … ah le business ?

Il est pourtant inimaginable de pondre que les « navires doivent se tenir à plus de 300 mètres des cétacés autres que les baleines toute l’année ! »

Autant dire de suite qu’il n’est plus possible d’observer un dauphin, et qu’il faut fuir lorsqu’ils viennent à l’étrave ! 

Dictature sur l’océan à La Réunion !

De toute évidence, les auteurs de ce type de prose dénient aux animaux toute notion d’intelligence, de curiosité, d’empathie, comme si ces animaux n’avaient aucun droit !

Nous demandons la suppression de cet article scandaleux.

ARTICLE 2. Obligations du capitaine ou chef de bord

La proposition « Le capitaine ou chef de bord doit être en mesure de démontrer qu’il dispose des connaissances requises pour réaliser une approche respectueuse des cétacés. » est tendancieuse car pourrait constituer une porte ouverte à une activité lucrative (encore une) pour certains, vous devinez qui ?

Nous demandons son remplacement par : « Le capitaine ou chef de bord doit informer tous ses passagers des conditions d’une approche respectueuse des cétacés. »

ARTICLE 3. Conditions d’approche et d’observation depuis un navire

Notre position, suite à notre argumentation déjà exprimée précédemment :

– « Dans les eaux territoriales de La Réunion et dans un rayon de 300 mètres autour des cétacés :
la navigation des navires immatriculés est limitée à trois navires » au lieu de 5 (arrêté actuel) :  

Au prétexte que ce serait « le maximum préconisé par la littérature scientifique », évidemment non annexée au projet, et faisant totalement fi de l’expérience locale, les Réunionnais étant systématiquement infantilisés.

Au vu de l’expérience locale, bien réelle, de nombreuses années d’observation, nous y sommes opposés et demandons le maintien à 5 comme dans l’arrêté actuel. Réduire à 3 ne fera qu’accentuer la pression sur une durée presque divisée par 2, exacerbera les conflits, sans apporter de gain réel prouvé pour les cétacés par étude indépendante jointe au projet.

C’est encore un subterfuge pour « noyer le poisson » puisqu’il n’y a aucune régulation du nombre de rotations incessantes, comme nous l’avions proposé. 

Cet article accumule les incohérences :

Les méthodes les plus pures et les moins polluantes comme par exemple l’approche en kayak, ou par nage à partir de la côte sont interdites, mais les navires les plus polluants et bruyants de la zone, les jet-skis ultrapolluants sonores … sont autorisés !

Il faudrait expliquer à la population comment un jet-ski à grande vitesse peut déceler une baleine … 

On a compris, « arrêté pipo », faut « pas touche » à un certain business !

« – la pratique de la pêche est interdite ! »

On aurait pu comprendre une « préconisation de vigilance » bien que les pêcheurs soient déjà parfaitement aptes à s’adapter aux circonstances et agir en conséquence.

Mais l’interdiction au lieu de la préconisation, c’est du délire total !

Ainsi, si l’on suit à la lettre ce projet d’arrêté, si un dauphin s’approche à moins de 300m, le pêcheur doit impérativement stopper son travail, et cette contrainte lui serait appliquée toute l’année ! 

Disons-le clairement, c’est une volonté étatique d’interdire la petite pêche côtière Réunionnaise, et ceci constitue un scandale d’Etat.

Nous nous opposons à cette interdiction qui va à l’encontre de la pêche côtière traditionnelle !

Le pêcheur Réunionnais n’est pas si stupide mais bien meilleur connaisseur de l’océan que les bureaucrates et « scientifiques » qui ne mettent pas la tête dans l’eau ». Là encore c’est de l’infantilisation couplée à de l’abus de pouvoir contestable ! 
Au fait, quid des palangres PAVAC, PHF du Centre Sécurité Requins, autorisées toute l’année par l’Etat ?

« Lorsqu’un navire en activité d’observation de cétacés se trouve à une distance de moins de 100 mètres d’une ou de plusieurs baleines ou de moins de 50 mètres d’un ou plusieurs dauphins, hors nage à l’étrave, son moteur doit être mis au point mort. »

Nous demandons que le moteur soit mis au point mort, puis à l’arrêt complet pour :

– réduire pollution sonore et pollution atmosphérique

– éviter tout risque de blessure par hélice en rotation si une baleine ou un baleineau curieux s’approche

ARTICLE 4. Conditions d’approche et d’observation en cas de mise à l’eau

4.1.1 L’observation aquatique des cétacés s’effectuant juste à la surface, en palmes-masque-tuba, combinaison, nous contestons l’obligation de disposer de disposer d’un niveau 2 de plongée ou d’apnée, pour une activité qui ne nécessite pas ces compétences.

Cette obligation pour les mises à l’eau hors encadrement, est malhonnête et discriminatoire et a pour but d’exclure une partie de la population locale.

Bientôt faudra-t-il au minimum un master 2 pour observer les poissons à la surface de l’eau dans un lagon ?

Cet article est écrit en méconnaissance des mises à l’eau respectueuses intégrant le comportement des cétacés.

4.1.3 Là encore, article incohérent et discriminatoire en imposant une jauge minimum de 2 personnes, sous-couvert de sécurité évidemment, une atteinte à la liberté !

Dans ce cas, un pilote seul dans son hélicoptère ne devrait pas voler, la pêche sous-marine solitaire devrait être interdite, idem pour le surf solitaire, la randonnée solitaire etc. 

4.1.4 Navires autorisés.

L’annexe 3 en lien avec cet article est incompréhensible, avec un cercle noir sur une échelle positionnée … avant babord d’un zodiac … ce qui est incohérent alors que tous les bateaux qui pratiquent les activités nautiques sont munis d’échelle à l’arrière.

Aussi nous demandons la refonte de cet article 4.1.4 de la façon suivante, explicite :

« Les navires pouvant servir de support pour la pratique de la mise à l’eau doivent être équipés d’une échelle de remontée à bord ou équivalent. »

4.2 Interdictions 

Nous avons déjà indiqué que :

– nous sommes opposés à la limitation à 3 bateaux dans la zone des 300 mètres, et demandons le maintien à 5 comme actuellement, et cela ne pose pas de problème et évite des conflits

– nous sommes opposés à l’interdiction de la mise à l’eau depuis la côte pour rejoindre un cétacé, méthode pure et sans pollution aucune

– nous sommes opposés à « l’interdiction de la mise à l’eau en cas d’état de la mer supérieur à 3 sur l’échelle de Douglas (« mer peu agitée ») » !

C’est une atteinte grave aux droits fondamentaux et à la liberté, totalement contestable, comme si les passionnés de l’océan, tout comme les opérateurs locaux, seraient des débiles mentaux incapables de prévoir et d’analyser les conditions de mer ! Interdire avec une limite de hauteur significative de 1,25m, c’est « se fiche du monde » poliment dit …

Ceci constitue une énième manœuvre hypocrite pour empêcher la mise à l’eau, alors qu’aucun accident n’a été référencé, à la grande différence d’autres activités en nature …

ARTICLE 5. Période de quiétude

Le projet d’arrêté veut « limiter l’activité de mise à l’eau autorisée entre 9 h et 13 h »

L’Association Citoyenne y est opposée, et demande « le maintien de la plage 9h-16h », qui évite la pression sur une période trop réduite.
Ce sera quoi bientôt ? Limiter l’activité de plongée sous-marine autorisée entre 9h et 13h ? Sous prétexte de ne pas déranger la faune aquatique dans son ensemble ?

Là encore, ce projet d’arrêté respire l’hypocrisie !

L’Etat refuse de réguler le nombre de rotations journalières par bateau, et fait croire que des personnes à la surface de l’eau présenteraient l’impact majeur ?

C’est tout le contraire au final car lorsque des personnes sont à l’eau, cette pratique s’effectue sans bruit, et de plus, d’autres bateaux ne peuvent s’approcher.

On constate là encore la méconnaissance de l’activité réelle de mise à l’eau et le manque de réflexion des concepteurs de cette proposition ! 

De plus la réduction drastique de la mise à l’eau, provoquant de fait une explosion du prix déjà élevé de cette activité, accroit la sélection par l’argent, et exclut davantage encore la population locale, et en particulier notre jeunesse, de la découverte d’animaux libres en milieu naturel, ce qui est pourtant le meilleur moteur de la sensibilisation.

ARTICLE 6. Vitesse

Cet article imposerait une « limite de vitesse à 10 nœuds entre la côte et l’isobathe des 100 mètres dansune zone comprise entre le nord de la Baie de Saint-Paul et le Grand Cap (précisé en annexe 3).

Cette disposition ne s’applique ni aux navires de pêche professionnelle ni aux navires de l’État ou aux navires engagés dans une mission de service public. »

Nous sommes opposés à toute dérogation SAUF mission d’utilité publique de secours en mer, surtout dans une zone limitée, il faut être cohérent !

ARTICLE 7. Exceptions

C’est le sommet ! Un nouveau scandale de la discrimination !

« Les dispositions du présent arrêté ne s’appliquent pas :
Aux bénéficiaires d’une dérogation au titre des articles L.411-2 du code de l’environnement, notamment dans le cadre d’une activité à but scientifique ; aux navires de l’État ou aux navires engagés dans une mission de service public. »

Les soi-disant quelques « scientifiques » de Globice, vous savez bien, ceux qui disposent de financements publics et de « dérogation » pour faire tirer au fusil-arbalète sur baleines et même baleineaux (!!!) (120 baleines-40 baleineaux entre 2023-2026), et qui ont monté une société commerciale SAS Balèn … devraient pourtant être exemplaires … Il n’y a aucune raison objective pour qu’ils ne respectent pas l’arrêté qui prétend protéger les cétacés !!!

0 crédibilité de l’Etat et de cet arrêté ! 

Nous sommes opposés à toute dérogation SAUF mission d’utilité publique de secours en mer ! Il faut être cohérent !

Au final, les propositions nouvelles que nous pouvons valider grâce à notre longue expérience, sont la réduction de vitesse, la réduction à 30 minutes d’observation aquatique pour un partage plus équitable de l’observation, ainsi que la réduction à 5 observateurs pour les mises à l’eau professionnelles.

En conclusion,

cet arrêté inacceptable en l’état, est construit en excluant la population locale à qui on balance une consultation bidon après coup, comme d’habitude.

Alors que les observateurs avisés le savent, la plus grosse pression au voisinage de la côte, naturelle, sur les maman-baleineau, provient de mâles qui tentent d’isoler le baleineau de sa mère, pour s’accoupler. Et plus loin, les orques. Et pire encore, le trafic maritime océanique.

Avec notre longue expérience locale, ce qui permet notre argumentation, il apparaît clairement que ce projet d’arrêté, tout en ne proposant pas les mesures pour ses prétendus objectifs, est un véritable scandale, excluant de fait nos demandes de régulation du nombre de rotations journalières de bateaux, prenant comme boucs émissaires les pratiques les moins impactantes comme la mise à l’eau, le kayak …, pénalise la pêche côtière locale tout en faisant allègrement fi du trafic maritime commercial d’impact majeur, dénie aux cétacés toute intelligence empathique, le tout dans un souci d’exclure de plus en plus la population locale de son milieu naturel en l’infantilisant.

Le but sous-jacent n’a pas changé, il se met en place depuis des années un apartheid dans l’accès à la Nature à La Réunion, conditionné par la prétendue « science » (sans conscience) ou par l’argent, excluant la population locale et en particulier notre jeunesse avec peu de moyens, pour mieux la dominer et lui vendre de la culture en boite … dans du « musée payant » avec une « Nature virtualisée 3D » désormais brodée à « l’escape game » !

Ce projet d’arrêté s’intègre pleinement dans la stratégie étatique à charge menée par l’intermédiaire de l’association subventionnée par l’Etat, donc nos impôts, débauche de moyens dans la baleinisation (paravent eskrolo-médiatique pour l’Etat), en disproportion flagrante par rapport aux besoins nécessaires aussi bien dans la sauvegarde de notre biodiversité Réunionnaise avec nos espèces endémiques en danger d’extinction, que face à la disparition de nos coraux.

Et « en même temps », 

  • 0 arrêté pétrels,
  • 0 régulation du tourisme des survols aériens motorisés pollueurs sonores et atmosphériques dénaturant La Réunion et contribuant au réchauffement climatique destructeur, (les habitants qui y vivent toute l’année, eux, n’ont pas d’habitat alternatif),
  • 0 régulation du nombre de rotations de bateaux …

Au fait, quelle armada policière de surveillance maritime avec bateaux, hélicoptère (donc pollution maximale !) et à quel coût ? … 

Pour tenter d’imposer un tel projet surréaliste avec autant d’interdictions, qui utilise à charge des boucs émissaires, ne répond pas à la problématique, favorise une élite de l’argent, pour une surveillance en mer à quel coût estimé dans un pays avec plus de 3300 milliards d’euros de dette et qui cherche par tous les moyens à nous imposer encore davantage ? Ce serait donc cela LA priorité locale ?

La « baleinisation » à marche forcée de La Réunion n’est pas seulement du greenwashing orchestré par l’Etat, elle constitue, et c’est encore plus grave, une atteinte sournoise à l’identité et à la culture réelle de La Réunion par sa propagande qui tente de manipuler l’opinion publique.

PANGAR !

L’Association Citoyenne de Saint-Pierre-REUNION saura réagir.

Notre association est une ONG Réunionnaise environnementale indépendante, avec 25 années d’existence, disposant en son sein, non seulement de compétences scientifiques mais aussi de l’expertise de dizaines d’années d’expérience de l’océan, et pour laquelle la connexion Humain-animal libre dans le milieu naturel dans un respect mutuel, est essentielle. L’Humain fait partie intégrante de la Nature.

L’Association Citoyenne, elle, ne tire pas profit des cétacés … par conséquent nos actes et positions ne sont guidés ni par la course obsessionnelle aux subventions ni par le business !

A lire : https://www.pnas.org/doi/10.1073/pnas.2412479122

Les grands mammifères captent la majorité des financements, au détriment d’espèces parfois plus menacées, conclut une étude menée par des chercheurs des universités d’Hong Kong et de Florence. Ils plaident pour une évolution du système de financement concernant la protection de la biodiversité. La biodiversité ce n’est pas un zoo, c’est quelque chose qu’on doit protéger pour toute la valeur ou les valeurs qu’on peut y retrouver, et en premier lieu pour les écosystèmes.

https://www.francetvinfo.fr/environnement/biodiversite/especes-menacees/preservation-de-la-biodiversite-les-grands-mammiferes-captent-la-majorite-des-financements-au-detriment-d-especes-parfois-plus-menacees-conclut-une-etude_7101672.html?fbclid=IwZXh0bgNhZW0CMTAAAR237vPX1FQfEpIvIDynuSd7Lo9rt5zEYmbGM1v_VAZjLRrmROpgbftlmsg_aem_4QDADKUoxgT-euEe536_bA

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