Le parc national Réunion continue dans la désinformation et se coupe davantage encore de la population

Au lendemain de l’enquête publique sur la charte, Réunion Première avait organisé un petit débat entre le Collectif pour le maintien des activités au coeur de la Réunion (C.mac) et le président du conseil d’administration du parc national (PNR). Ce dernier s’est fait tacler sévèrement sur toute une série de mensonges au point que le journaliste s’est senti obligé de lui sauver la mise en concluant que le parc souffrait seulement « d’un manque de communication ».
C’est dans ce contexte que le parc national a lancé une opération de « marketing » pour se justifier:
Le PNR joue sur les mots. La tranche horaire du projet soumis à enquête publique semble avoir été élargie. De 18H00 à 7H00 elle passerait à 16H00/8H00 pour le bivouac, et c’est tant mieux. Mais l’obligation de bivouaquer à proximité des sentiers demeure. On comprend donc qu’il sera facile à l’ONF de modifier les tracés en choisissant des zones rocailleuses pour éviter le bivouac, par exemple au sommet du Piton des Neiges. On a en mémoire l’exemple de l’aire de pique nique neutralisée par gros apports de roches à proximité du Pas de Bellecombe et aussi l’exemple du parc régional Corse dans la réponse faite par le président du parc aux rapport d’observation de la chambre régionale des comptes:

En revanche le PNR dans son argumentaire, élude son projet de privatiser les forêts domaniales:
Extrait: (…) « Le bivouac est cependant interdit dans certaines zones inaccessibles particulièrement sensibles. Des dérogations pourront alors être accordées dans le cadre de missions scientifiques, de manifestations publiques ou d’activités de découverte touristique ou pédagogique. »

1- La plaine des Fougères
2- Plaine des Lianes
3- La forêt Mourouvin
4- La forêt domaniale du volcan sud
5- Le bras des roches noires au dessus de Grand Bassin
6- La forêt de Bébourg
7- Le gros morne
8- Les remparts du grand Bénare

A la louche 150 km2 (15000 ha) de forêt qui seront INTERDITES AU PUBLIC, certes difficiles d’accès, mais réservée aux activités payantes et aux associations pistonnées !!!!
Le 20 mars le PNR a renouvelé son conseil scientifique. On peut lire sa composition ici et s’apercevoir que le conflit d’intérêt a ete institutionalisé puisqu’on s’apercoit que des membres auront à se prononcer sur des projets dont ils ont été ou sont eux-même partie prenante (!); en particulier le retour des forages et le projet SIVE. La culture du huis clos « consanguin » est la marque de fabrique du parc.
On se souvient qu’au lendemain du classement au patrimoine mondial le « Quotidien de La Réunion » avait publié une interview complaisante ou le président du conseil d’administration du PNR affirmait aussi éhontement qu’il n’avait jamais voté en faveur des forages de la plaine des Sables. Le journal n’avait pas pris la peine de faire remarquer que chacun pouvait vérifier en ligne les décisions votées à l’hunanimité (ici en 2007 et encore là en 2008 !!!).


On vous passe l’escroquerie écologique dite des « écolodges » en plein site naturel préservé et isolé. Depuis quand le mitage d’espaces naturels isolés ferait-il partie de la protection du patrimoine naturel ?
On l’a déjà exprimé à maintes reprises, l’économie touristique peut parfaitement se développer en dehors du coeur du parc, au bénéfice de la population, tout en préservant l’aspect naturel de nos sites exceptionnels, ce qui un atout rare.
Tout le monde remarquera que l’opération « marketing » avec quelques dizaines de milliers d’euros est lancée après enquête publique, alors que cette enquête a eu lieu en pleine période de fin d’année et vacances d’été, un timing idéal pour éviter la participation populaire, une technique classique. On peut raisonnablement penser que cet argent public, dépensé après coup, aurait été mieux utilisé avant l’enquête publique, pour organisation de réunions publiques d’informations dans les 4 pôles géographiques de l’ile.
Le parc a la mauvaise manie de prendre la population pour des imbéciles, et à ce jeu idiot, il trace le chemin de tous les spéculateurs et promoteurs avides de bétonnage et les renforce en cristallisant le rejet.
Le PNR a réussi jusquà maintenant à générer du rejet par sa méthode, un vrai échec car le PNR ne peut exister valablement qu’avec le soutien de la population. Cette confiance ne se décrète pas, elle se mérite.
Il faut rappeler que ce n’est pas le PNR qui a préservé la Plaine des Sables, mais c’est le peuple, Réunionnais et touristes du monde entier, avec la pétition historique à 16 000 signataires contre les forages à la Plaine des Sables et pour son intégration à la zone à inscrire au patrimoine mondial. Là encore le PNR a fait comme si ce mouvement populaire n’avait jamais existé, il nie l’Histoire, mais les faits sont impitoyables et les écrits restent.
C’est pourtant bien ce mouvement qui a été un déclencheur favorable, parmi la population, pour l’inscription au patrimoine mondial.
Apprendre à respecter la population, pour être respecté en retour.
Cela devrait être un objectif premier du Parc national Réunion s’il veut enfin sortir de sa situation d’échec actuel et réussir sa mission de préservation du patrimoine naturel au bénéfice de tous.


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