

« La départementalisation réussira si le Gouvernement, les Mahorais et leurs représentants scellent un pacte pour la départementalisation, prometteur, sans zone d’ombre ni ambiguïté. Ce pacte concrétisera nos engagements mutuels pour l’avenir. » (page 2)
« Nous devrons privilégier la responsabilité, favoriser l’économie de marché et un développement économique fondé sur les atouts propres du territoire, encourager les revenus du travail personnel, préserver l’environnement. Le modèle de départementalisation à Mayotte est à inventer. Ne plaquons pas à Mayotte des modèles qui correspondent à d’autres époques ou dautres situations. » (page 4)
Extraits du Pacte pour la départementalisation de Mayotte :
http://www.outre-mer.gouv.fr/IMG/pdf/Pacte_departementalisation_Mayotte.pdf
Pas sûr que les Mahorais en aient bien compris toutes les implications et que l’île de Mayotte, en réalité archipel né des activités volcaniques, n’y perde pas son âme.


En effet, selon Le Monde diplomatique du mois de juin 2011 : « Les Mahorais expulsés du littoral – A Mayotte, départementalisation à la pelleteuse » (page 12), accessible sur : http://www.monde-diplomatique.fr/2011/06/CARAYOL/20657
Ce qui était déjà dénoncé par un article du mensuel Billets d’Afrique 200 – Mars 2011, titré
Mayotte « Au nom de la départementalisation, je te déshumanise ! – Oui, Missié ! » :
http://survie.org/billets-d-afrique/2011/200-mars-2011/article/mayotte-au-nom-de-la
Il semble que les autorités françaises mettent bien du zèle à appliquer les articles L5111-1 à L5111-5 et L5311-1 à L5311-3 (Version consolidée au 1 mars 2011) du Code général de la propriété des personnes publiques).
En résumé, sous couvert de développement économique, la population côtière mahoraise est menacée d’expulsion sauf à acquérir un titre de propriété légal. Il est aisé d’entrevoir les difficultés que cela représente pour ces personnes dont les conditions de vie sont dune part précaires et d’autre part le plus souvent liées à la pêche.


Mayotte est un bijou de biodiversité, abritant nombre d’espèces endémiques, c’est-à-dire spécifiques à une région donnée et que l’on ne retrouve nulle part ailleurs car liées à un habitat particulier.
http://oncfs-outremer.disweb.fr/faune_sauvage/faune_de_mayott/esp_prot.htm
Ces espèces sont protégées, en voici quelques représentants incontournables:
A commencer par l’adorable, espiègle et emblématique lémurien dénommé Maki ou Komba (Eulemur fulvus mayottensis). Primate essentiellement frugivore, provenant dAfrique probablement via Madagascar, cette sous espèce de lemur fulvus s’est tellement bien adaptée à son environnement, préservée de son prédateur principal le singe, qu’elle en est devenue endémique. Si vous entendez un grognement de cochon, c’est probablement qu’il n’est pas loin !


En levant les yeux, on peut apercevoir la fameuse Roussette ou Ndrema (Pteropus seychellensis comorensis), sous-espèce de grande chauve-souris, mammifère qui se nourrit également de fruits et assure la pollinisation en disséminant les graines.
Comme elle est diurne, elle s’active dès le milieu d’après-midi jusqu’au soir.


Roussette et Maki à visionner (clic sur le lien suivant) :
http://www.youtube.com/watch?v=GfnlsNGr67c
Rapprochons-nous à présent pour admirer le superbe gecko diurne poussière d’or (Phelsuma laticauda). Ce reptile, appelé aussi margouillat, est insectivore et à ce titre bien utile pour dévorer les moustiques qui pullulent dans un milieu tropical chaud, dont l’hygrométrie dépasse souvent les 70% de taux d’humidité.

Munis d’un masque et d’un tuba, faisons un tour dans le magnifique mais fragile lagon de plus de 1 500 km², doté dune immense barrière corallienne, aquarium naturel où s’épanouissent et se côtoient de nombreux organismes.
Toutes les espèces recensées par l’Observatoire des Mammifères marins sont protégées, ainsi que les tortues marines. Les deux espèces principalement représentées sont la tortue franche ou verte ou Nyamba (Chelonia mydas) et la tortue imbriquée, dite aussi tortue à écaille (Eretmochelys imbricata) :


La carte d’identité des tortues marines s’établit en fonction des deux profils de sa tête, équivalent pour nous à des empreintes digitales. La forme du bec est révélatrice de son alimentation. La première est herbivore (bec arrondi) alors que la deuxième est plutôt carnivore (bec pointu). Les tortues vertes émergent des eaux la nuit pour pondre leurs oeufs sur différentes plages de Mayotte. Moment intime magique pour l’observateur, mais particulièrement éprouvant pour la tortue, qui doit donc faire l’objet de notre plus grand respect. Entre terre et mer, les mangroves, arborés de palétuviers, sont de véritables forêts tropicales qui abritent des écosystèmes particuliers et servent de barrière naturelle aux agressions de la houle et des cyclones.
Le Dugong (vache des mers), cousin du Lamantin, y puise sa nourriture, malheureusement cette espèce est en voie de disparition du fait de la raréfaction de son alimentation, de la pollution du milieu aquatique et surtout de la pêche au filet.
Toujours en plongée, la faune et la flore se dévoilent peu à peu :

Mérou oriflamme (Epinephelus fasciatus)

Généralement le plus gros poisson clown représente la femelle dominante du groupe, le second en taille étant un mâle. Si la première meurt, le numéro deux changera de sexe pour prendre sa position.


Mayotte, au délicieux parfum d’ylang-ylang, s’inscrit comme un joyau d’exception dans le paysage français, véritable paradis pour les naturalistes, sa mosaïque de culture en fait tout son charme. Une urbanisation intensive et un tourisme irrespectueux des sites seraient dramatiques tant pour sa population, que pour sa biodiversité.
Les mahorais l’ont d’ailleurs bien compris :

Jéjé ? : Comment allez-vous ?
Liens pour en savoir plus :
http://www.outre-mer.gouv.fr/IMG/pdf/recap_pacte_depart.pdf
http://www.outre-mer.gouv.fr/IMG/pdf/DPMayotte-12.pdf
http://www.mayotte.pref.gouv.fr/workspaces/dossier/departementalisation
Article, photos (sauf l’îlot de sable blanc) et vidéos par Rachel Lebatard
Association Citoyenne (Saint-Pierre, Ile de la Réunion)

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