
Par arrêté n°435/URB du 7 septembre 2026, le Maire de la Commune de Saint-Pierre avait prescrit l’ouverture d’une enquête publique relative au projet de modification n°1 du Plan Local d’Urbanisme (PLU).
Les objectifs annoncés pour cette procédure de modification étaient les suivants :
Assurer la compatibilité du Plan Local d’Urbanisme avec les dispositions relatives aux Secteurs Déjà Urbanisés (SDU) du Schéma de Cohérence Territoriale Grand Sud modifié et approuvé le 2 septembre 2024, notamment par la modificationdes zones Us ;
Améliorer la cohérence et la lisibilité du Plan Local d’Urbanisme par la correction et l’adaptation de certaines dispositions réglementaires ainsi que par la correction de certaines erreurs matérielles identifiées dans le document ;
Adapter les emplacements réservés aux besoins actuels du territoire en procédant, lorsque cela est nécessaire, à leur modification ou à leur suppression afin de tenir compte de l’évolution des projets.
Préalable :
A notre sens, une évaluation indépendante du PLU existant (contrôle de l’application du règlement existant, bilan des actions et des sanctions face aux constructions illégales) devrait être jointe à tout projet de modification.
En effet, des constructions débordant sur l’espace public, et d’autres même sans permis (y compris sur le domaine littoral), sont observées sans que des actions sérieuses pour les stopper ne soient engagées et/ou suivies d’effet, le contrôle semblant être devenu essentiellement l’affaire des citoyens engagés pour l’Environnement … ce qui n’est pas normal ni durable.
Nous produisons ici quelques remarques de bons sens, sans aucune prétention d’exhaustivité vu l’énormité du dossier. Les faits que nous citons sont incontestables face aux bonnes intentions affichées et aux enquêtes publiques dont nous avons l’expérience du peu d’efficacité.
Du fait de notre indépendance totale depuis 26 années d’existence, le seul guide de nos remarques reste l’intérêt général, sans soumission à un quelconque lobby ou intérêt partisan ou corporatiste.
1/ Analyse du Document : 6-1-1-modification-n01-du-plan-local-d-urbanisme-de-saint-pierre
B.3.a. page4 :
Parmi les grandes orientations fixées par le Document d’Orientation et d’Objectifs (000) du SCoT, il est possible de citer:
Densifier la ville et permettre un développement urbain intégré,
Garantir la mise en tourisme du territoire,
Prévoir un développement au profit du citoyen garant de la cohésion sociale et territoriale,
Prévenir et gérer les risques naturels et les nuisances.
Les habitants peuvent déjà constater une incompatibilité dans la mise en tourisme réalisée, et l’intérêt général, du fait du modèle touristique actuel de plus en plus nuisible aux intérêts des citoyens locaux, et présentant des risques croissants de trouble social :
– privatisation du DPM, des espaces publics, bord de mer inaccessible aux piétons car de plus en plus dévolu à la marchandisation empiétant chaque jour davantage sur l’espace public piétonnier,
– activités commerciales nuisibles sonores sans aucun respect de la population,
– survols touristiques motorisés aux énergies fossiles harcelant quotidiennement population et faune locales, les gavant de pollution sonore s’ajoutant aux impacts sanitaire et climatique dans un modèle touristique imposé et non concerté avec la population, destructeur de la qualité de vie.
Ceci est parfaitement documenté avec preuves disponibles à l’appui si besoin est.
Et que dire du B.3.c et d !
Répondre aux besoins du maillage routier en incluant les modes de déplacement alternatif,
Il n’y a même pas une piste cyclable digne de ce nom au cœur de la ville de Saint-Pierre en asphyxie circulatoire, ce qui devrait portant être une priorité, piste d’ailleurs empruntée par les piétons vu la marchandisation privative de l’espace bord de mer.
Quels handicapés et piétons peuvent se déplacer en sécurité dans la ville vu l’état pitoyable de certains trottoirs et leur envahissement par des véhicules ?
Plan Climat Air-Energie Territorial de la CIVIS
Le Plan Climat Air-Énergie Territorial (PCAET) de la CIVIS a été adopté en conseil communautaire du 17 décembre 2021 à un horizon 2030 et au-delà. Il se découpe en cinq grands axes :
Maîtrise de l’énergie et production d’énergies renouvelables sur le territoire,
Exemplarité de la CIVIS dans ses compétences et son patrimoine,
Mise en œuvre d’une mobilité durable sur le territoire,
Consommation, alimentation et déchets,
Adaptation du territoire aux changements climatiques.
Des mots, encore des mots, sans aucune application, qui malheureusement ne restent, au vu de toutes et tous, qu’au stade de l’affichage médiatique :
– ville reconnue sale,
– réseau d’eaux pluviales non curé avec déchets de toutes sortes arrivant dans le lagon,
– pollutions récurrentes institutionnelles du patrimoine marin par feux d’artifice directement sur la plage, et résidus de bombes tirées de la jetée arrivant dans le lagon …
– absence de suivi des végétaux mourants du littoral avec plages en perte de sable,
– absence d’un plan structuré et concerté de végétalisation de la ville,
Qui se souvient des réunions publiques Saint-Pierre Ville ouverte 2 au 6 septembre 2002 (!) en mairie concernant l’avenir du centre-ville ?
Le président de l’Association Citoyenne n’avait cessé d’y rappeler que l’humain, les familles, devaient être au coeur de la réflexion, et que la densification du centre-ville avec des familles, ne serait possible que dans un cadre sûr, respectueux de leur environnement, ce qui exige une véritable politique de la ville incluant le respect des lois pour éviter des nuisances insupportables.
Il prévoyait que sans réflexion et sans décision d’appliquer la loi, la vie en ville avec l’augmentation de la population dans des immeubles, deviendrait intenable.
Une végétalisation avec des arbres était aussi fortement demandée.
Aménager et densifier la ville exige un partenariat entre décideurs et population.
Le président de l’ACSP-REUNION avait rappelé ces principes lors de la réunion officielle du vendredi 6 septembre 2002.
Etaient présents M. le Sous-Préfet de Saint-Pierre, M. le Maire et des élus, Madame la Commissaire, ainsi que des représentants de la Région, du Département, d’organismes financiers, immobiliers, architecte …
– parkings toujours goudronnés qui sont des exemples irresponsables d’imperméabilisation des sols …
Entre les intentions affichées et les actes, le fossé est tel que cela conforte dans la nécessité d’une évaluation annuelle, indépendante et transparente de l’application du PLU, communiquable à toute la population.
Page 27 : Hébergement (résidences personnes âgées, étudiants, …),
Il est souhaitable de prévoir 1 place de stationnement par hébergement, et non pas 0,5 place comme proposé. Les personnes âgées et les étudiants ont aussi les besoins de visites et de déplacements, alors que le réseau de transports en commun est loin d’être performant.
Page 54 : Norme minimale de stationnement automobile « en fonction des besoins » … ? C’est tellement vague selon la destination que cela n’est pas sérieux ! A expliciter.
2/ Analyse du Document : Modifications-du-reglement-ecrit
Concernant le coefficient de biotope par surface (CBS), le projet PLU prévoit l’instauration d’un coefficient de biotope minimal comprenant au moins un pourcentage d’espace planté de pleine terre, variable selon les zones.
Avec l’impact prévu du réchauffement climatique, il est pour nous essentiel de maintenir cette exigence (Cf pages 20-21-22) prévue dans ce projet.
C’est une question de santé publique dans les villes surchauffées par béton et goudron.
Nous contestons les avis rétrogrades de la CCIR et de la CMAR qui restent centrées sur des intérêts corporatistes et qui n’ont toujours pas de vision de l’avenir dans le sens de l’intérêt général.
Concernant l’obligation de réaliser un étage en attique dans les zones Ucv et Ud : Le règlement écrit prévoit qu’à partir de R+4, pour les constructions, le dernier niveau soit obligatoirement réalisé en attique avec un retrait de deux mètres minima par rapport aux façades du bâtiment, à l’’exception des équipements publics.
Nous demandons que cette nouvelle règle pour les constructions situées en centre- ville de Saint-Pierre et dans sa centralité s’applique, sans exception sur tous les bâtiments, y compris les bâtiments publics.
30 octobre 2026.
Complément : à quoi sert un PLU sans application ?
Comme nous l’avons directement indiqué au Maire, il y a déjà quelques mois, le service de l’Urbanisme est un service essentiel d’une commune. Le fonctionnement actuel de ce service n’est pas satisfaisant, aussi bien pour le personnel que pour les usagers que sont les citoyennes et citoyens de Saint-Pierre.
Il est plus que temps de se donner les moyens d’une modernisation dans le sens d’une plus grande efficacité, et d’un meilleur contrôle en amont des projets, ce qui exige étude et vigilance.
La transparence doit aussi primer. Les permis doivent être systématiquement numérisés, archivés, pour être accessibles très rapidement pour le public.
Par conséquent, Saint-Pierre doit se doter de personnel suffisant pour l’instruction (tâche parfois bien délicate) et le contrôle (affichage de permis réglementaire, vérification réelle sur le terrain de la conformité et de la légalité des constructions réalisées …).
Sur un territoire de plus en plus contraint en terme d’espace, de plus en plus peuplé, territoire exposé au changement climatique et aux risques forcément accrus, il est de la responsabilité des élu(e) de tous bords d’intervenir pour le renouveau d’un service d’urbanisme de bien meilleure qualité au bénéfice de la population..

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