Protégeons notre seul rapace endémique de la Réunion
Papangue mâle (Photo Gaëtan Hoarau. https://www.flickr.com/photos/outofreunionisland/albums/72157632338447818/
Notre papangue (Circus maillardi ou Busard de Maillard) fait partie de notre biodiversité reconnue pour l’inscription au patrimoine mondial.
Il fait partie de nos espèces menacées, en danger d’extinction.
www.uicn.fr/Liste-rouge-faune-Reunion.html


Cet oiseau mesure environ 50 cm de longueur (la femelle est plus grande que le mâle) pour une envergure de l’ordre du mètre. C’est le plus grand oiseau de La Réunion, dont la masse est voisine du kg. Ils peuvent être observés sur toute l’île.
Le mâle adulte (au plumage du dessus bigarré) se distingue plus facilement de la femelle en regardant au-dessous de l’oiseau : le mâle est blanc avec le bout des ailes marron-noir, tandis que la femelle est globalement marron.
Scènes de vie.

Un mâle avec branches de brandes dans les serres pour la construction de son nid. La nidification se déroule en gros durant la 1ère partie de l’année.



Ce jeune busard de Maillard reconnaissable à la calotte blanche sur la tête (plus accentuée chez les jeunes), est posé sur bois de chandelle. Il a pu être observé pendant 2 semaines à la sortie du nid dans un champ où ses parents à tour de rôle lui apportaient de gros rats noirs des champs et des mulots (rat musqué). Il a malheureusement disparu la 3ème semaine alors que ses parents étaient toujours présents ..


On observe ici une femelle venant juste de capturer un mulot (rat musqué) alors que le jeune, presqu’au niveau du sol, souhaite obtenir la proie.

La « passe » de nourriture vient d’être effectuée de mère (dont on ne voit plus que les serres) au jeune, qui s’élève alors avec la proie récupérée.
Les papangues capturent facilement plus de 5 proies par jour (en nidification et nourrissage). Une femelle a même été observée apportant un tangue adulte aux petits.




L’alimentation de ces oiseaux se fait en grande partie à base de rats. En zone maraîchère, de cannes, le risque d’empoisonnement secondaire en campagne de dératisation est important.
Sur des domaines d’élevage par contre, d’après les éléments fournis par un photographe, des éleveurs sont très sensibles à la faune locale. Sur ces zones, il semblerait qu’il y aurait pas ou peu de pression liée aux raticides.
Selon nos informations adhérent, depuis la création de la SEOR en 1997 (http://www.seor.fr/ ), 110 individus de Busard de Maillard ont été recueillis. Pour plus de la moitié d’entre eux les causes d’entrée en soin sont d’origine anthropique :
– La menace la plus importante reste le braconnage avec 49% des oiseaux victimes de tirs au fusil, de la captivité et de la glue, destinée à la capture des passereaux.
– L’empoisonnement secondaire par les raticides est en augmentation et cette menace touche 39% des busards recueillis. Ceux-ci, en consommant des rongeurs empoisonnés par des produits anticoagulants, ingèrent ces poisons qui peuvent alors provoquer une hémorragie fatale.
– La troisième menace est représentée par les collisions avec les câbles électrique Moyenne et Haute-Tension (12%). Ce dernier risque est sûrement sous-évalué en raison de la difficulté de retrouver les dépouilles des busards ainsi touchés.


Un projet Life (http://ec.europa.eu/france/news/projets-life-2009_fr.htm) qui débutera en septembre 2010, permettra de mettre en oeuvre, pendant deux ans, des actions de lutte contre ces menaces, notamment le risque de collision et le risque d’empoisonnement secondaire.
Associations Acpeges et Association Citoyenne de Saint-Pierre, nous avons fait le constat, sur la zone littorale allant de l’étang du Gol aux Avirons, d’une progression du nombre de papangues depuis 2006-2007, suivie d’une chute brutale de près de 60% à ce jour (août 2010). Ainsi la femelle montrée dans notre article, âgée de plus de 5, ans a été empoisonnée (raticide). Heureusement elle avait donné une belle nichée de 3 petits.



La mère papangue, aujourd’hui morte. (Photo J. Calteau Acpeges)


Nous espérons qu’elle assurera la pérennité de l’espèce dans cette zone.
Il y a donc un travail de réflexion à mener pour que la dératisation soit efficace pour protéger la population humaine, tout en préservant notre biodiversité. Un véritable défi.
Merci aux photographes passionnés de nature, qui par leurs belles photos mises à disposition de l’ACSP et de l’ACPEGES pour cet article, oeuvrent avec nous pour informer et faire prendre conscience de la nécessité de préserver notre faune endémique menacée. Des yeux perçants nous observent .. et nous interpellent.

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