L’Océan en partage

Requin et plongeur sous-marin (acsp)
En cette période de psychose amplifiée médiatiquement, nous rappelons que l’Association Citoyenne de Saint-Pierre a participé dès le début aux « ateliers requins » (Juillet 2011) et elle a déjà indiqué clairement sa position. Bien évidemment, en tant que passionnés d’Environnement, et en particulier du milieu marin que nous apprécions, les drames liés à la pratique d’activités nautiques nous touchent tous, et la compréhension des phénomènes nous semble primordiale pour agir durablement.
Article http://citoyennedestpierre.viabloga.com/news/ateliers-risque-requins-a-la-reunion
Pour la protection des baigneurs, nous y indiquions être favorables aux filets en cordage pour protéger une zone suffisamment large et non ridiculement petite. De tels filets sont sans impact réel sur la faune pour qui connaît Roches noires et Boucan.
Il faut bien évidemment du financement et du personnel pour la gestion de ces filets. Aux décideurs de prouver leur implication pour la préservation du secteur balnéaire. Pour nous, les requins à 2 pattes se situent au niveau des accapareurs du domaine public, les quelques commerçants « gueulards » qui se sont empressés d’occuper l’espace en bord de plage …
Pour la protection des pratiquants de surf, effectivement la prévention, le respect des consignes, le développement des vigies, cela nous paraît être la solution la plus sage, tout en poursuivant avec plus de moyens les études. Pourquoi ?
La situation ne peut se régler par un coup de baguette magique en éliminant quelques requins.
Dans ce monde actuel de consommateurs de « l’immédiateté », il faudra apprendre la patience. La démagogie exploitant la stratégie classique de la peur et de l’émotion ne résoudra pas durablement les risques.
Dans notre article d’Octobre 2011, nous avions indiqué ce qui nous paraît essentiel : Observer, comprendre, agir.
La méthode classique du bouc émissaire « Réserve marine » est inacceptable puisque non fondée sur des éléments indiscutables. Bien sûr elle répond à la pression des chasseurs, ceux-là mêmes qui ont déjà tellement pillé les fonds.
A notre avis, pêcher quelques requins selon les lois du hasard ne garantit aucune sécurité future. Nous ne prendrons pas la peine de commenter les propos clientélistes des politiciens professionnels (qui peut croire à ces « magiciens » qui promettent le rêve avec l’élimination de quelques requins ?) qui feraient mieux de créer ou mettre aux normes, les stations d’épuration au fonctionnement lamentable pour la plupart. A ce sujet, ACSP et ACPEGES ont été les seules associations qui sont intervenues début 2010 lors de l’enquête publique STEP Etang-Salé (dont le maire vice-président CIVIS a refusé illégalement de fournir le rapport du commissaire-enquêteur, maire sommé par le TA de le fournir …).
Nous avions fait des propositions s’opposant au déversement des eaux « traitées » en mer avec toutes les conséquences prévisibles que nous avions indiquées … Il faudra donc qu’un jour les « consommateurs de mer » ne se réveillent pas que de manière opportuniste et lors des catastrophes pour crier, mais qu’ils se mettent à s’intéresser à tout ce qui est rejeté en mer et s’investissent dans la protection globale de l’environnement, en amont …
La compréhension du phénomène est indispensable, et cela tout un chacun peut l’admettre, si l’on ne veut pas rester à l’écume des vagues …
L’ACSP et l’ACPEGES.
Actualisation 07/08/2012 : nos adhérents réagissent :
C’est vraiment du n’importe quoi: voila que le secrétaire général de la Préfecture a confirmé son soutien à la « pêche effective de 20 requins bouledogues et tigres » …..et ce même dans la réserve marine…et dans un «but scientifique», celui d’identifier le «risque ciguatera», une toxine présente dans la chair des requins et qui empêche leur commercialisation ». (L’ARVAM elle en demanderait 45 pour des analyses selon le JIR ) Tout cela n’est bien sur qu’un alibi, tenter de rassurer « médiatiquement » les maires (PPR ayant déposé une plainte pour mise en danger de la vie d’autrui…) et la population, alors que chacun sait bien que le requin n’est pas un poisson recherché et particulièrement commercialisé à la Reunion.
Le pire, c’est que le même secrétaire général de la Préfecture n’hésite pas a en rajouter: « Nous avons toujours dit que l’État n’était pas hostile aux prélèvements des requins, y compris dans le cadre de régulation des populations. À ce stade, nous n’avons pas les connaissances fines et précises de ces populations»…. Il ne s’agit pas d’organiser « des battues »: C’est l’hypocrisie la plus totale de la part de l’Etat et le message envoyé à la population est incroyable, contraire à des années d’efforts : pêchons les requins, qui plus est dans la réserve marine, afin de mieux les connaître! Encore plus fort que le gouvernement japonais avec la pêche à la baleine … Eliminons pour connaître
Cela fait des années que l’on observe avec étonnement la dérive de l’Etat à la Réunion, Etat au pied des politiciens qui n’en ont rien à faire (poliment dit) de la nature et de l’environnement en général, le seul mot d’ordre étant le profit immédiat, sans réflexion à long terme.
Aux ordres, les représentants locaux de l’Etat ne sont que des exécutants qui n’osent même plus exprimer aucune idée de bon sens. On l’avait vu récemment pour l’incendie du Maïdo.
Réunion bato fou, bien triste Etat en dérive.




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