Réunion et Mayotte
Zosterops olivacea (oiseau vert ou oiseau lunettes)
Endémique de la Réunion
Contrairement à son cousin l’oiseau blanc qui est le seul oiseau endémique qui s’est adapté à l’homme au point de fréquenter les jardins, même en ville, l’oiseau vert est réputé plus difficile à voir car il est inféodé aux milieux naturels : forêts de bois de couleurs, de tamarins et branles d’altitude. Il semble donc plus rare. Il apprécie le nectar des « fleurs jaunes » (Hypericum lanceolatum) dont il suit la floraison en effectuant des migrations altitudinales. En forêt il visite aussi les fleurs de Fuchsia (« ti et gros anneau »). Il est remarquable que cet oiseau endémique ait appris à butiner des plantes introduites récemment, exploitées dans leur aire d’origine par les colibris autrement mieux outillés pour la récolte du nectar.Nous l’avons observé très confortablement, à de nombreuses reprises, tout au long de la journée, dans la zone aménagée par l’Association Grand Serré Réuni (AGSR) au départ du sentier marmailles de Bras Patate sur la route forestière de la Fenêtre des Makes. Là, il récolte le nectar des fleurs d’Abutilon et de sauges rouges qu’il semble d’ailleurs préférer à celui des « fleurs jaunes » dont quelques pieds d’origine ont été épargnés. L’Association Citoyenne a donc le bonheur de vous faire partager cette observation pour que le plus grand nombre puisse en profiter et découvrir la faune de l’île.
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Oiseau vert sur abutillon
La culture de plantes ornementales envahissantes comme le tibouchina et l’arum n’est pas recommandée à proximité de milieux naturels. Les pieds de bois et les fanjans qui ont été conservés souffrent dans ce milieu artificiel où ils se trouvent isolés. Aujourd’hui ce type d’aménagement d’espaces verts est abandonné au profit d’opérations de restauration de forêt, avec plantation d’espèces indigènes. Mais ne boudons pas notre plaisir d’observer dans des conditions idéales l’oiseau vert si photogénique dans les fleurs rouges avec ses lunettes blanches. Et apprécions ses capacités extraordinaires d’adaptation à des modifications de son environnement.

Merveille de la nature. (Photographe Gaëtan Hoarau)
Nicole Crestey & Gaëtan Hoarau
Et grâce à Nathalie, que nous remercions, nous pouvons poursuivre l’info-nature pour découvrir le « zoiseau vert » de Mayotte :
Parmi les quatre-vingt-quatre espèces de Zostérops dans le monde, toutes réparties dans la zone intertropicale des cinq continents, voici l’espèce endémique de l’île de Mayotte où il est sédentaire et très abondant.

Cet oiseau grégaire affectionne les forêts sèches et buissons bas, il serait de ce fait plus facile de le rencontrer au sud de l’île. Pourtant, en ce qui me concerne, je ne l’ai aperçu que sur Petite Terre, donc au nord, et bien souvent au milieu des mangroves. Il se déplace en petits groupes au milieu d’autres oiseaux, par exemple Foudi rouge ou Souïmanga, pour chercher sa nourriture.
Dans les mangroves il se met en quête d’insectes présents sur les fleurs des palétuviers. Au sein de ce biotope il ne sera jamais à découvert et ainsi difficile à trouver de par la couleur de son plumage; totalement vert-jaune soutenu sur le dos, jaune plus vif dessous ainsi que sur la tête, seuls ses flancs sont châtains.

Les individus rencontrés en forêts sêches et en milieux ouverts, par exemple, étaient bien moins nombreux, deux ou trois individus maximum ont été observés simultanément.
Il est amusant je trouve de comparer les attitudes de cet oiseau avec celui de La Réunion, pour trouver sa source de nourriture, j’imagine qu’il gigote autant, tête en bas et sautillant de branches en branches.
Notez qu’il n’a absolument pas de gris, l’iris n’est pas non plus rouge et son bec plus court est moins arrondi sur la fin. Sans doute parce qu’il ne se nourrit pas des mêmes fleurs.
Le Zostérops de Mayotte se nomme Shilaputu en Shimaorais et Shiberi en Shibushi.
Nathalie (Mayotte)
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