
C’est une vraie victoire que la publication officielle en date du 08 août 2023 au recueil des actes administratifs du parc national Réunion de cette abrogation de l’« autorisation spéciale paddle » sur le plan deau du Grand Etang (unique lac de montagne Réunionnais) qui avait été délivrée par le directeur du parc en date du 05 juin 2023.
Cet heureux dénouement est issu de la forte mobilisation d’un collectif de 12 organisations environnementales à La Réunion (liste ci-dessous), qui a porté, dès le 19 juillet 2023, un recours gracieux argumenté au directeur du parc national de La Réunion pour lui demander l’abrogation de son « autorisation spéciale paddle » sur le plan d’eau du Grand Etang.


Photo Nicole Crestey (Association Citoyenne de Saint-Pierre-REUNION)
Panneau papangue pêcheur au Grand Etang (Département de La Réunion)
Notre papangue pêcheur reconnu, sur ce seul plan d’eau, sera préservé du dérangement, et notre paysage remarquable ne sera pas dénaturé par une activité-business artificielle sur le plan d’eau.
Plusieurs enseignements sont à retirer de cette affaire :
1/ Elle illustre la nécessité de revoir la gouvernance défaillante du parc national Réunion, avec un conseil scientifique non consulté pour des décisions pouvant pourtant impacter l’environnement.
Remarquons aussi que dans ses « considérant » dans son arrêté n°DIR-I-2023-239 abrogeant l’arrêté n°DIR-I-2023-113, le directeur du parc ne mentionne même pas le recours gracieux qu’il a reçu par LRAR le 24 juillet 2023, courrier auquel il n’a même pas répondu, ne serait-ce par politesse. Chacune, chacun jugera le comportement du directeur dune institution (dont la mission est normalement de protéger l’environnement) envers les associations environnementales de son territoire.
Rappelons qu’il n’en pas à sa première « autorisation spéciale » controversée, il suffit de se souvenir du scandale des déposes hélicos au sommet du Piton des Neiges pour quelques photographes, là aussi par décision unilatérale du directeur
2/ Cette affaire démontre que l’union des associations et organisations environnementales de La Réunion peut et doit devenir un contre-pouvoir essentiel face aux dérives trop fréquentes dans notre île.
Concertation et dialogue argumenté, gestion rigoureuse des fonds publics, doivent être les règles.
3/ Il y a urgence pour les politiciens locaux et le représentant local de l’Etat, à s’interroger sur le modèle touristique de l« ancien monde » toujours en vigueur à La Réunion, dénaturant notre île, toujours sans vision écologique et en contradiction avec l’évolution mondiale nécessaire du tourisme.
La Réunion semble mettre la tête dans le sable et vivre en dehors de la planète Terre.
Modèle des survols touristiques motorisés aériens avec propagande médiatique massive, projet de parc du volcan folie des grandeurs et gabegie financière, etc.
Cela ne répond absolument pas aux priorités et aux besoins essentiels de la population (eau, alimentation, énergie, logement ), et ne respecte ni la faune locale ni nos paysages exceptionnels.
4/ Nous saluons l’attitude exemplaire du promoteur du Kanopea Forest Lodge, qui, lui, a eu l’intelligence d’écouter et de comprendre l’argumentation du collectif environnemental.
Il a décidé de renforcer l’engagement environnemental de sa structure, en demandant lui aussi, comme le collectif environnemental, l’abrogation de l’autorisation spéciale dont il était bénéficiaire.
Un véritable exemple à suivre pour les acteurs touristiques à La Réunion.
Association Citoyenne de Saint-Pierre-REUNION
Société d’études ornithologiques de La Réunion – SEOR
Fédération de La Réunion pour la pêche et la protection du milieu aquatique
Association DOMOUN LA PLAINE
Association ACPEGES
Association CILAOS-MON-AMOUR
Association INITIATIVE pour la RESTAURATION écologique en milieu INSULAIRE
GREENPEACE La Réunion
Association LE TAILLE-VENT
Collectif 5000 PIE DBWA
EXTINCTION REBELLION Réunion
Collectif CITOYENS POUR LE CLIMAT

Laisser un commentaire