Les associations ACPEGES et ACSP-REUNION continuent leur travail d’information sur notre environnement. Merci aux photographes.

Faucon concolore juvénile (Falco concolor). Ile de la Réunion 2011.
Photo J. Calteau (ACPEGES)

Il niche en Israël, Egypte, Mer rouge mais il passe l’hiver en Afrique de l’Ouest, Madagascar, et même à la Réunion comme nous avons pu l’observer.


Photo ACPEGES.
Cela nous amène à quelques réflexions concernant la situation actuelle et les questions d’aménagement mixant océan, forêt de l’Etang Salé, étang du Gol, lagon et Lagune.
Un étang qui mériterait un peu plus de considération.
L’Etang du Gol héberge actuellement des espèces protégées. C’est aussi le territoire de chasse du papangue (Circus maillardi) espèce en danger et également protégée.
La gestion actuelle de cet espace naturel, propriété indivise de deux municipalités St-Louis et l’Etang-Salé et d’autres organismes (Conservatoire du littoral), ne tient pas vraiment compte de la faune sédentarisée (poules d’eau, hérons striés) et des espèces susceptibles de l’utiliser comme étape dans leurs migrations.
Ainsi des hérons garde-boeufs ont aussi été vus en juin 2009 à l’Etang du Gol.


5 Hérons garde-boeuf. (Bubulcus ibis)
Photo J. Calteau ACPEGES 2009.
C’est une espèce qui se reproduit facilement en milieu tropical. Pourquoi n’est-ce pas le cas à la Réunion ? Pour tenter de faire en sorte que cette faune de passage puisse séjourner plus longtemps voire définitivement dans cette zone, il est important que les visiteurs soient informés et sensibilisés au respect des lieux et à la découverte de la faune. C’est donc un travail que les gestionnaires actuels n’ont toujours pas finalisé, alors que, nous le répétons, cette zone est un formidable sanctuaire pour les oiseaux et un lieu de découverte et éducation-nature dont le rôle pédagogique serait indéniable pour les enfants.
Il y a un projet de passerelle sur l’étang du Gol pour réaliser la jonction directe entre entre St-Louis et Etang-Salé, par le littoral. Cette zone constitue actuellement un habitat pour les espèces protégées de l’étang du Gol. Elle est également fréquentée par les limicoles ou petits échassiers (courlis, chevalier-guignette, aboyeur).
Courlis corlieu (Numenius phaeopus). Ile de la Réunion 2011.Photo ACPEGES
Jusqu’alors, cette zone était relativement peu fréquentée.
Cette passerelle nest pas la priorité.
La priorité, c’est un véritable plan de gestion de la zone, avec panneaux d’informations sur la conduite à tenir, sur la réglementation, sur l’interdiction de sources de bruit (véhicules à moteur), sur la disparition des poubelles et « le ramener ses déchets », d’où l’importance d’éduquer à la préservation.
La priorité, c’est ce travail : nous savons tous que par exemple, la réussite de l’enlèvement des poubelles passe par l’explication et un matraquage médiatique simultané des raisons pour le faire (santé publique, rats, protection faune ..), et la présence fréquente de personnels en charge du respect des réglementations, ce qui créerait des emplois, ce qui est loin d’être le cas.
Une fois ces objectifs atteints, l’idée de passerelle prendrait alors tout son sens.
Une forêt visitée par des rapaces migratoires.
La forêt de l’Etang Salé forme une zone de chasse pour les papangues. Une gestion de cet espace éludant cet aspect affecterait l’épanouissement de cette espèce dont le nombre, d’après les observations, est en voie de diminution. Les filaos de cette forêt qui culminent à plus de dix mètres servent de point d’observation de rapaces en chasse. (Voir sans être vu !). Par conséquent, l’élimination des filaos, même morts, serait sûrement préjudiciable à ces rapaces.
L’autre espèce de rapace, le migratoire faucon concolore, a été observé dans cette forêt. Si rien n’est fait pour gérer efficacement cette opportunité, cette espèce subira probablement le même sort que les hérons garde-boeufs à la Réunion.
Par contre, à l’île Maurice, la gestion de la crécerelle de Maurice dont la population initiale se composait de quelques individus a été une réussite.
Il en est de même pour la crécerelle d’Amérique maintenant commune et abondante en Guadeloupe.


Crécerelle d’Amérique sur un manguier en Guadeloupe.
Merci au photographe Fabrice Lebon. www.lebon-zimages.com/
Un écosystème en sursis.
La lagune de l’Etang Salé les Bains est le siège d’un jeune écosystème des espèces familières telles que poules d’eau et hérons, qui y ont déjà élu domicile. Le projet de marina sur ce site risque de bientôt sonner le glas de cet écosystème.
acsp-reunion.fr/50-000-euros-encore-gaspilles-par-la-trop-fameuse-civis
La nature a probablement beaucoup de ressources mais les aménagements conçus sans tenir compte de ses limites finiront par en faire une mère stérile.





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