Un « pari » irréfléchi ?

http://www.clicanoo.com/index.php?page=article&id_article=172966 Extrait : « Le pari de la géothermie »
Sur la délicate question de la géothermie, Olivier Robinet, directeur du Parc national, explique que la volonté du Parc et du Comité des Biens français a été de jouer la transparence totale. Avec deux corollaires : l’exclusion de la Plaine des Sables du coeur du Bien (avec possibilité de le réintégrer d’ici quelques années), ainsi que le lancement d’études au cours des six prochains mois sur des scenarii de faisabilité d’une centrale, en dehors de la Plaine des Sables, promet le directeur. Olivier Robinet reconnaît qu’au vu de la seule candidature Unesco, l’idéal aurait été qu’on n’y fasse rien mais que gérer un Parc qui fait 40 % de l’île implique forcément des compromis. Le challenge que nous posons, c’est d’être capable d’avoir un Bien à l’Unesco et de produire une énergie propre. D’ailleurs, cette activité est intimement liée au Bien, puisqu’il s’agit d’utiliser le volcan. Le directeur reconnaît que le projet géothermie est un problème réel à ne pas occulter dans la démarche Unesco. Oui, on prend un risque. On ne peut pas présager de l’accueil qui sera fait au projet par les experts. Peut-être qu’on tombera sur des ultras. Mais la géothermie ne saurait remettre en cause le caractère exceptionnel de l’ensemble du Bien, dont l’intérêt dépasse très largement le site de la Plaine des Sables. C’est le pari que nous faisons. « 
Commentaires de l’association citoyenne : envoyé à clicanoo ce matin, mais non publié.
1. Transparence totale : FAUX. Il n’y a qu’à vérifier aucun document du Parc nest accessible au grand public, le site existant ne traite que d’avant la mise en place du Parc, établi en mars 2007 ! Le Parc ne veut pas fournir le PV complet de délibération qui valide les forages. Certains membres du bureau contestent l’unanimité de la délibération. OPACITE qui cache des dysfonctionnements.
Savez vous que le Conseil Général (membre du bureau du Parc) n’a même pas voulu communiquer au sujet des Journées de l’Environnement où le Parc se présentait ? Réponse du directeur de la communication : « Malheureusement il n’a pas été prévu de compte-rendu exhaustif des JRE à destination du Grand Public. » OPACITE encore.
Il est inimaginable que l’UNESCO puisse valider un tel mode de gestion de notre patrimoine naturel, avec exclusion de l’avis des habitants !

2. Comment imaginer que des travaux étaient programmés dès février 2008

(retenue collinaire), donc une volonté certaine de forer, SANS MEME AUCUNE ETUDE PREALABLE sur la faisabilité de centrale ni sur l’acheminement d’énergie électrique, et sans tenir compte de l’avis de la population ? Heureusement, celle-ci a bien réagi dans les médias, en montrant son attachement à la Plaine des Sables, site mythique de la Réunion.

N’est-ce pas là encore, la preuve d’une gestion scandaleuse de notre patrimoine ? L’UNESCO peut-elle cautionner cela ?

3. Le charcutage du coeur du Parc

En y ôtant une partie de la Plaine des Sables n’a pas de sens ! Cette zone est UNIQUE et forme un ensemble. Sacrifier une partie de cet écosystème rare, oui, rare espace aussi sans urbanisation et de valeur paysagère exceptionnelle est un crime. En supposant que cette astuce suffise à rendre compatible la proximité immédiate  d’une activité industrielle, elle n’y répondrait qu’en partie dans la mesure ou le projet des forage prévoit une noria de 2 à 3 camions citernes de 13m3 qui circuleront dans le périmètre central 12 à 24 heures sur 24 durant les 11 mois du chantier des forages d’exploration.

Nous rappelons qu’il n’y a aucune certitude sur la ressource géothermique en ce lieu d’après les études, et que la puissance potentielle hypothétique ne représenterait que quelques % de celle installée fin 2006 à la Réunion, alors qu’en même temps, un gaspillage énorme d’énergie a lieu sur l’île. Le sacrifice de ce site est ILLOGIQUE, la vraie richesse de la Réunion est sa nature. Nous signalons que le directeur du Parc, M. Robinet, n’est arrivé sur l’île qu’en 2007, il n’a pas l’attachement viscéral des Réunionnais à notre site mythique de la Plaine des Sables et cela transpire de ses propos. Il est de passage, pas nous. Et soyez assurés que nous nous battrons pour la sauvegarde de notre patrimoine exceptionnel, qui risque d’être saccagé avec l’aval dun Parc National manipulateur, pourtant censé protéger notre Environnement. Belle mascarade car nos politiques, maîtres de la situation font ce qu’ils veulent, sans contre-pouvoir réel à la Réunion !

4. Vivement la visite des experts de l’UICN, qui nous l’espérons, sauront avoir un regard vigilant et ouvert, non cadré par celui des politiciens locaux. Ces experts seront heureux d’apprendre que s’ils ne sont pas d’accord avec nos élus, ils seraient alors taxés d’être des ULTRAS ! Et c’est un directeur de Parc National qui s’exprime ainsi ?

Commentaires

4 réponses à “Un « pari » irréfléchi ?”

  1. Avatar de acsp
    acsp

    Triste fin de règne à la Région Réunion

    Journalistes indésirables pour la Région

    Merci à la Région de montrer encore une fois l’OPACITE avec laquelle elle mène ses projets ou actions. MEME LES PURGES DE LA ROUTE DU LITTORAL ce dimanche 13 janvier 2008 DOIVENT ETRE FAITES (comment être sûr des purges, nest-ce pas une mascarade) en cachette (EN MISSOUK) et à labri des journalistes, comme lont signalé ceux dAntenne Réunion au journal télévisé ? Cacher implique des choses bien louches, comme l’expriment des habitants !

    Bientôt, faudra la signature du roi Paul pour pouvoir accéder à linformation sur ce que fait la Région ? Triste dérive de fin de règne.

    Au moins les habitants de la Réunion peuvent ainsi constater chaque jour, et de façon de plus en plus évidente, lautoritarisme et labsence de démocratie instauré par certains élus.

  2. Avatar de Candide
    Candide

    A qui profite le crime?

    A lire les propos de ce brave homme, on devrait admettre qu’entre autres compromis, seul celui de la Plaine des Sables etait incontournable. J’aurais plutot tendance a croire que le compromis, c est ce directeur qui l’a fait et qu il a plié l’échine devant plus fort que lui. Effectivement il passera comme tant d’autres, illustration d’une politique qui ne laisse souvent que des ruines. Je me pose aussi une question. Est ce que ces decisions sont prises par des irresponsables, sans réelle formation scientifique, encore que celle ci puisse etre devoyée, plus ou moins manipulés ou par des opérateurs qui viseraient des retombées financières plus ou moins occultes sous couvert de travaux pharaoniques et qui plus est dans un endroit discret…Bref à qui profiterait le crime ?

  3. Avatar de Jeanicot
    Jeanicot

    l’exemple de la guadeloupe? le contraire à la Réunion…

    Sur wikipedia on peut lire au sujet du parc national de Guadeloupe que  la zone centrale du Parc et la réserve naturelle du Grand-Cul-de-Sac marin font parties de la Réserve de Biosphère de larchipel de Guadeloupe, agréé par l’UNESCO, concédant au parc une reconnaissance internationale.

    Effectivement à la Guadeloupe le choix a été de développer les énergies renouvelables à la périphérie du Parc avec l’usine géothermique de Bouillante et de renoncer aux infrastructures au sein du coeur du Parc comme le projet de barrage de la rivière Bras-David.

     

    c’est d’ailleurs ce qui est dit dans un rapport sur « l’Evaluation de la politique du parc national de la Guadeloupe  » consultable sur le site de la documentation Française:

    rapport n°2001-0263-01 – mai 2003

     Extrait:
    « Il a été plusieurs fois rappelé que le Parc représentait un véritable château deau. Une étude a été lancée en 1996 pour la construction dun barrage de retenue détiage, dune superficie de 20ha, sur la Rivière de Bras David, en vue de lalimentation en eau potable et dirrigation de lagglomération pointoise, et ce, en pleine zone centrale du Parc, à proximité du camp de Piolet et de la route de la Traversée.

    Une période de sécheresse exceptionnelle a relancé le débat en 2001. Cette solution, très onéreuse, est insatisfaisante, non seulement du point de vue écologique et paysager, mais également parce quelle présente le risque dun remplissage rapide du barrage, du fait de gros débits solides ; son unique intérêt est de se situer sur des terrains domaniaux. Des solutions alternatives existent cependant, elles doivent être étudiées.

    En tout état de cause, un projet de cette nature serait totalement incompatible avec la protection des biotopes et des paysages de la zone centrale de tout Parc National qui se respecte. Cela nécessiterait une procédure de déclassement, inenvisageable dans la zone la plus sensible du Parc, et qui nuirait grandement à limage de la Guadeloupe :

    on ne peut à la fois revendiquer le qualificatif, lié à son ancien patronyme, dîle aux « Belles Eaux », et envisager sérieusement dartificialiser un site deaux sauvages, en plein centre du Parc, et de modifier le débit de la plus grande rivière de la Basse Terre : le Bras-David étant un affluent de la Grande Rivière à Goyaves, son aménagement aurait des répercussions non négligeables sur l aval, jusquà la réserve de GCSM.

    Par ailleurs, une réflexion globale sur la consommation et une gestion économe de leau dans lîle devrait être engagée, notamment en ce qui concerne la réhabilitation du réseau existant, dont le taux de perte est, semble-t-il très élevé (le chiffre de 50% a été avancé), la lutte contre le gaspillage et les prélèvements illégaux. »

    A la Réunion nos élus irresponsables ont choisi de faire le contraire:

     

    Forages d’exploration avec 50%  de probabilité de réussite pour implanter une éventuelle usine sans avoir lancé les études de faisabilité au coeur du parc
    Zone hors du Parc au potentiel reconnu délaissée

    Tout en se lamentant sur le développement du tourisme à la Réunion et en spéculant sur des défiscalisations de projet touristique de luxe…

  4. Avatar de Jeanicot
    Jeanicot

    le morne Brabant sur wikipedia

    extrait de la fiche wikipedia sur le Morne Brabant à l’ile Maurice:

    Projets IRS

    La société Morne Brabant Integrated Resort Scheme Co. Ltd, reçu un bail de 360 arpents de terres de lEtat, pour le développement dun projet integrated resort scheme (IRS) , sur la péninsule du Morne. Il devait comprendre, dans un premier temps, la construction de villas sur des terres privées appartenant à la société au Morne. Mais en avril 2007 le ministère des Terres et du Logement entama les procédures légales pour reprendre les terres allouées.

    Parmi les conditions préalables à linscription du site sur la liste de lUnesco, figurent le fait quil ne doit pas avoir de développement dans la zone tampon qui protège le site. Quant à la montagne elle-même, elle devra être accessible au public.

    =>La region Réunion a choisi de torpiller le classement du parc.  Ils vont bien rigoler les patrons de beachcomber!!

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