Des vers « à panache »

Spirobranchus giganteus


Magnifique « ver à panache »
Toutes photos : Gaëtan Hoarau. (Saint-Leu REUNION island)

Spirobranchus giganteus, est un ver marin, couramment appelé Ver « arbre de Noël » d’où sa dénomination anglaise Christmas Tree Worm, ou allemande Weihnachtswurm.

Ce ver marin vit dans les eaux tropicales peu profondes, entre 0 et 30 m de profondeur, et on le trouve dans les lagons de la Réunion. Celui présenté ici, de la famille des Serpulidés, vit dans un petit tube calcaire, implanté dans le corail massif type Porites, comme sur la photo suivante.

Opercule rentré partiellement.
Le tube se termine par une pointe calcaire, pour protection vis à vis des intrus.

Les larves, trochophores (forme de toupie) font partie du zooplancton et dérivent dans le courant jusqu’à se poser sur un corail et s’y développer. Le ver sera définitivement lié à ce corail.

Ces vers sont des organismes simples, mangent et respirent. Avec branchie constituée de deux panaches ou lobes spiralés portant de nombreux filaments branchiaux ou radioles régulièrement espacés. Les radioles sont munies de ramifications latérales, les pinnules. Les panaches situés de part et d’autre de la bouche servent donc à détecter les dangers, filtrer la nourriture, et font office de branchies pour la respiration. Les serpulidés ont des panaches en forme de cône plus ou moins spiralé, de couleurs variées, monochromes ou polychromes.

Sortie du panache

Le ver se nourrit de plancton et de microparticules qu’il attrape grâce à ses deux spirales de tentacules colorées, et qu’il peut rétracter dans son tube calcaire s’il est dérangé, ce dernier pouvant être obstrué à l’aide d’un petit opercule. Ce dernier (muni de camouflage type algues ou corail) est rond, coloré et se termine par deux petites cornes rouges caractéristiques.


Camouflage opercule en forme de corail « corne de cerf »

Ce ver tubicole vit en symbiose avec certaines espèces de coraux.
Le corail fournit au ver un logement et, en échange, le ver permet de protéger les polypes de la redoutable étoile de mer Acanthaster planci, grande consommatrice de corail dans lIndo-Pacifique.


Acanthaster. Lagon de Saint-Leu Reunion island (août 2010)

L’acanthaster serait perturbée par les mouvements des panaches du ver, elle contourne l’obstacle sans s’attarder sur les polypes situés en dessous des tentacules déployés du spirobranche. Les mouvements des panaches favorisent aussi une meilleure circulation de l’eau environnante, ce qui apporte plus de plancton et de particules au niveau des polypes du corail, que ces derniers consomment.
Le spirobranche, en se posant à l’état de larve sur la fondation du cnidaire, crée un tube droit de calcaire où il y vivra. L’animal ne perfore pas le corail, c’est ce dernier qui, en croissant, finit par recouvrir le tube calcaire.

Le ver « arbre de Noël » est l’un des rares vers tubicoles pouvant vivre plusieurs dizaines d’années. En mourant, le ver laisse donc une cavité cylindrique vide et profonde, ou des petits animaux peuvent se réfugier. Ainsi de nombreuses espèces de blennies pourraient s’y cacher.
Cependant, ces tubes vides, s’ils sont nombreux, constituent un risque de fragilisation de la structure du corail, le rendant plus vulnérable face aux fortes houles cycloniques par exemple.

Il existe deux sous espèces : Spirobranchus giganteus giganteus, des Caraïbes, et le Spirobranchus giganteus corniculatus, de l’Indo-Pacifique, présent à la Réunion.

Commentaires

2 réponses à “Des vers « à panache »”

  1. Avatar de Tofruokal
    Tofruokal

    Félicitation au photographe! De bien belles tofs de proxy sous marine! Un article intéressant et trés bien illustré donc…

    Op

  2. Avatar de Anonyme
    Anonyme

    Re:

     Oui c’est incroyable. Si jamais vous changez pour aller au parc national de Komodo, je vous recommande les visites de Komodo pour un voyage de plusieurs jours Komodo Tours and Komodo Scuba diving

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