Réflexions et propositions.
Nous avons participé à des ateliers « risque requins » depuis juillet 2011.
L’Association Citoyenne de Saint Pierre, a toujours milité dune manière générale pour la prévention avec diffusion de l’information en temps réel et responsabilisation des usagers par opposition à l’empilement des interdictions préventives. Nous approuvons les études scientifiques qui doivent être menées pour tenter d’expliquer concrètement les dernières attaques : cela demande du temps et de l’argent (il faut idéalement des balises émettrices), mais la compréhension ne se fait pas par magie, et nous souhaitons aussi qu’en attendant, ce risque soit géré au quotidien avec un système de veille et d’alerte,
– parce que les activités nautiques ne se limitent pas aux seuls sports de glisse,
– parce que la gestion du risque requin n’est pas la même selon les activités et les conditions de mer
– parce que la plongée sous marine ne se pratique pas uniquement depuis une embarcation immatriculée
– parce que ce dispositif sera étendu à l’ensemble du littoral (au delà du problème particulier qui concerne la zone de Boucan Canot à Roches Noires).
Il est important que la vigilance et le bon sens de chacun soient en permanence mis en avant et non pas remplacés par une autorisation administrative, en particulier dans les zones ou la baignade n’est ni aménagée, ni surveillée.
Observer, comprendre, agir.
De plus, en attendant de mieux comprendre le comportement des requins au voisinage de la côte ouest de la Réunion, nous pensons qu’il est possible de prévoir des espaces limités, donc gérables, de baignade protégée dans les zones exposées (ce qui maintient une activité économique sur ces zones).
Comment ? Par la mise en place de filets en cordage, à mailles de taille suffisamment large laissant passer les poissons habituels relativement rares …), filets amovibles, qui peuvent être posés le matin, enlevés le soir, et ainsi contrôlés régulièrement. Le filet doit être amovible pour ne fonctionner que la journée et pouvoir être enlevé dès prévision d’une mer houleuse. Pour les Roches noires, entre les rochers noirs et la jetée, en zone sableuse, cela apparaît facilement réalisable.
Soyons réalistes et objectifs, quelle tortue ou dauphin vient se balader le jour à quelques mètres de la plage bondée des roches noires ? Et vu la surveillance régulière des filets, leur enlèvement le soir (une organisation à mettre en place, mais quand on veut on peut), l’impact est quasi-nul, et se traduit juste par « l’inesthétique » des flotteurs … mais St-Gilles a déjà perdu son caractère naturel, tout le monde le sait bien.
Pour Boucan, l’environnement est un peu plus délicat, mais avec réflexion, on pourrait aussi y aménager une zone de baignade à partir de la piscine et jusqu’à la limite de la zone plutôt sableuse.
Bien sûr, le risque zéro n’existe pas, mais ceci permettrait à toute la population et aux touristes, au moins de se baigner sur ces belles plages, tout en maintenant une activité économique locale suscitée par la mer, espace naturel, et non par des animations bruyantes et polluantes sur la plage … A ce titre, il serait intéressant de savoir si les commerçants les plus virulents qui veulent la foule avec des spectacles sur la plage, espace naturel, s’impliquent dans la gestion et le tri des déchets que ces animations vont générer … le coût pour la seule collectivité publique, et les avantages juste pour les commerçants ?
Un exemple en fonction est celui de la superbe plage de l’anse Lazio à Praslin, équipée de filet en cordage, en zone sableuse. Cela paraît satisfaisant même si les bouées jaunes tranchent un peu sur l’eau turquoise de ce site naturel. Dès qu’il y a de la houle, évidemment le filet est ballotté, l’espace de bain réduit, donc le système n’est plus efficace.
L’espace reste naturel, marin, sans animation bruyante, et c’est ce que les touristes recherchent …

Anse Lazio, Praslin, Seychelles. Octobre 2011. Photos Gaëtan H.

Il est aussi nécessaire de revoir la gestion du nettoyage des ravines avec rigueur et contrôle. Trop de déchets sont rejetés au niveau des estuaires, et pour les stations d’épuration en général, il faut mieux assainir pour pouvoir réutiliser les eaux traitées et cesser une fois pour toute ces rejets en mer, incompatibles avec le prétendu développement durable.Nous rappelons aussi qu’en août 2010, nous nous étions élevés contre la bastonnade d’un requin-tigre pour l’achever afin de pouvoir le photographier pour un record ! De plus avec une adolescente. Un comportement débilitant.Etonnamment, les autres associations de la Réunion que nous avions alors contacté pour une réaction commune, n’avaient pas souhaité réagir … ne pas mécontenter certains, c’est probablement s’assurer de pouvoir bénéficier de leurs bateaux … pour « observations scientifiques ».
L’Association Citoyenne de Saint-Pierre, Ile de la Réunion.
Association indépendante, oeuvrant pour la préservation du patrimoine naturel terrestre et marin, et pour le maintien d’un accès libre et non payant à ce patrimoine.

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