Une action citoyenne efficace et enfin prise en compte par le PNR.

Les espèces envahissantes, cela nous concerne tous.

En novembre 2015, Nicole Crestey, vice-présidente de l’Association Citoyenne de Saint-Pierre (ACSP), accompagnée d’un groupe de naturalistes amateurs, a découvert sur le sentier «marmailles» du Bras Patates (commune de Saint-Louis) plusieurs taches d’une plante exotique, possiblement envahissante, originaire dEurope, devenue cosmopolite mais encore considérée comme rare à La Réunion. Il sagit du gaillet gratteron ou herbe collante ou Galium aparine (du grec « apairo » = être transporté au loin). Tous ses noms montrent que la plante peut s’accrocher aux vêtements des randonneurs ou des employés chargés de l’entretien des sentiers par ses tiges ou ses fruits munis de crochets microscopiques et pourrait ainsi à terme coloniser d’autres sentiers.

La plante est entièrement munie de petits crochets microscopiques qui lui permettent de s’accrocher aux poils, aux vêtements et d’être transportée.

Les fruits sont eux aussi munis de petits crochets, les glochidies.
Le gaillet gratteron menace le Parc National d’envahissement

Le 5 février 2015, le Parc National a procédé à une évaluation de la situation en cartographiant la répartition de cette plante. Il a aussitôt fait une première opération déradication (4 sacs) en coopération avec quelques membres du groupe des naturalistes amateurs. La semaine suivante une deuxième opération a été faite par le secteur sud du Parc et 10 sacs ont à nouveau été récoltés.

Récolte du Secteur Sud du Parc National le 11 février 2016

Le Parc National a informé l’ACSP quil va suivre l’évolution du gaillet gratteron sur le site (à raison d’un suivi tous les 2 mois pendant au moins un an) afin de maintenir une pression de veille sur cette espèce et de lutte en cas de reprise.

Cette anecdote exemplaire montre que chaque citoyen peut être une sentinelle de l’environnement et peut contribuer à protéger notre patrimoine naturel. Commençons par vérifier que nous n’avons pas de gaillet gratteron dans notre jardin. Renseignons-nous aussi si nous pensons voir pour la première fois une plante sur nos sentiers (une photo peut être envoyée à l’ACSP).
Notre île est fragile. Sa flore indigène, trop récente, ne fait pas le poids devant des plantes continentales adaptées à la compétition depuis plusieurs dizaines de millions dannées (le gaillet gratteron peut fleurir 8 semaines seulement après germination. Ses fleurs s’autopollinisent et ne dépendent donc pas d’un agent pollinisateur pour leur fécondation. Un seul individu peut produire entre 100 à plus de 3000 graines qui peuvent rester viables pendant 3 ans !). Nous sommes tous responsables du maintien à La Réunion des plantes endémiques que l’on ne peut trouver ailleurs dans le monde. Elles ont contribué à faire de La Réunion un bien du patrimoine mondial.

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