Geckos : Découverte à Saint-Pierre d’une menace qui progresse


Phelsuma laticauda laticauda, joli, mais une menace pour nos espèces endémiques.
Toutes photos :  Gaëtan Hoarau

http://www.flickr.com/photos/outofreunionisland/sets/
L’an dernier, à l’occasion de la fête de la nature en mai 2012, nous avions présenté au public avec preuves photographiques à l’appui, notre découverte comportementale du comportement de vol de pollen par un gecko endémique de la Réunion Phelsuma inexpectata, lézard vert de Manapany.

En 2013, grâce à l’observation d’un citoyen Saint-Pierrois que nous remercions, nous avons pu découvrir qu’un lézard introduit, le Phelsuma laticauda, est désormais présent à Saint-Pierre, donc pas si loin de Manapany.
Attention ce lézard vert que nous avons découvert à Saint-Pierre en 2013, n’est pas celui de Manapany !
Il fait partie des geckos issus de Madagascar, et qui menacent nos geckos endémiques.

Comment les distinguer ? Tous sont des lézards verts pour le commun des mortels et tous sont également appréciés dans les jardins pour leur beauté et leur familiarité.
Voici quelques images pour aider à la distinction.

Phelsuma inexpectata (Endémique Réunion, protégée et en danger critique d’extinction)
 
Phelsuma borbonica (Endémique Réunion, protégée, en danger)
Phelsuma laticauda laticauda (Gecko « poussière d’or »)
Espèce introduite, menace pour nos geckos endémiques.
 
D’après les documents disponibles, le gecko vert Phelsuma laticauda laticauda (dit encore gecko « poussière d’or »), aurait été introduit à Grand Fond (Saint-Gilles) en 1975 n’atteindrait au Sud, que la ville d’Etang Salé. 

Or en ce mois de juillet 2013, nous l’avons vu et photographié en plein centre de Saint-Pierre où il se trouverait déjà depuis un certain temps. Ce magnifique lézard serait très agressif à l’égard des margouillats de nos maisons et menacerait ainsi le lézard vert endémique de Manapany s’il parvenait jusqu’à Grand-Anse, Petite-Ile. C’est la raison pour laquelle la préfecture a pris un arrêté (le 26 juin 2012) autorisant sa capture et sa destruction par la Brigade de la nature, l’ONF, le Parc National et l’association Nature Océan Indien.

L’application de cet arrêté pose trois problèmes :
avoir eu connaissance de cet arrêté,
distinguer les lézards verts malgaches des endémiques,
accepter de contribuer à la destruction d’un animal esthétique, d’allure sympathique, et de surcroît protégé au niveau international (inscrit dans l’annexe II de la CITES qui contrôle son commerce mais pas sa destruction !).

Une question se pose alors ? Ne vaudrait-il pas mieux renvoyer à Madagascar les animaux piégés ou les vendre à des amateurs dans des pays où ils ne risquent pas de se naturaliser ?
En effet, le responsable de l’introduction de ce lézard, menace pour notre rare faune endémique, c’est bien l’humain, et pas le lézard.

Et cette situation résulte de l’inconscience qui consiste à importer sans cesse de nouvelles espèces animales non stérilisées (les fameux Nouveaux Animaux de Compagnie, les NAC) ou végétales pouvant se multiplier, pour seul profit commercial, et qui sont des bombes à retardement pour notre nature locale. Une irresponsabilité de l’Etat et des consommateurs, que seules des associations libres et non subventionnées comme la nôtre osons dénoncer.

Commentaires

3 réponses à “Geckos : Découverte à Saint-Pierre d’une menace qui progresse”

  1. Avatar de BONNET DE PRETE.!
    BONNET DE PRETE.!

    encore un nouveau predateur dans la ville de ST PIERRE..!! cette ville va devenir invivable.?????

  2. Avatar de Anonyme
    Anonyme

    et alors?

    Pour causer à la mode prefectorale, ce gecko malgache a-t-il eté « prélevé » ?  quelle est la meilleur methode pour le « réguler » en cas de rencontre?

  3. Avatar de lecteur
    lecteur

    Re: et alors?

    C’est l’arrêté qui fixe les modalités, j’ai trouvé le lien dans le texte de l’article

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