Angraecum mauritianum et sauterelle


Photo: Nicole Crestey-ACSP

En observant un Angraecum mauritianum dans le Massif du Dimitile, des membres de l’Association Citoyenne de Saint-Pierre (ACSP) ont remarqué une toute petite sauterelle qui, dérangée, a d’abord eu le réflexe de sauter sur une autre partie de la plante puis de se plaquer contre une de ses feuilles où elle était pratiquement invisible. Cette observation nous a rappelé l’observation (une première mondiale) faite il y a un an presque jour pour jour c’était le 14 janvier 2010 – par Claire Micheneau et Jacques Fournel de la fécondation nocturne de l’orchidée du même genre Angraecum cadetii par un grillon du genre Glomeremus. Bien que « notre » sauterelle soit très différente de Glomeremus, nous nous sommes demandé, comme elle semblait très attachée à son orchidée, s’il n’était pas possible qu’elle en soit le pollinisateur.

En fait, d’après les spécialistes, Jacques Rochat, directeur de l’Insectarium de la Réunion, Sylvain Hugel spécialiste des orthoptères au CNRS et Jacques Fournel de l’Université de La Réunion, il s’agit du juvénile d’une sauterelle prédatrice (les pattes antérieures sont ravisseuses) qui deviendra beaucoup trop grande pour pénétrer dans l’éperon. Il y a donc peu de chance que ce soit le pollinisateur de cette belle orchidée qui présente tous les caractères de la pollinisation par un sphinx : fleurs blanches, éperon de longueur « compatible » avec les sphinx présents à La Réunion et émission d’odeur à la tombée de la nuit.

Moralité : gardons-nous de tirer de conclusions hâtives quant à la fécondation des orchidées à La Réunion ! Et essayons maintenant de surprendre, de nuit, le sphinx pollinisateur !

L’Association Citoyenne de Saint-Pierre-Réunion (ACSP-REUNION).


Photo: Védé-ACSP
Photo: Védé-ACSP
Photo: Françoise Arnoldi-ACSP

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